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Spécial « Rires hollywoodiens » sur FilmoTV
Denis Parent, Charles Nemès et Didier Philippe-Gérard dédient la 19ème édition du Salon aux comédies américaines. Arrivées à la fin du XIXème avec le cinéma puis avec les comédies burlesques, les comédies dites classiques naissent en grande partie des succès rencontrés au théâtre. Car Broadway est un grand fournisseur ! Des comédies qui s’élaborent à partir d’un savant dosage de spectacle vivant et d’adaptation par Hollywood. Elles se nourrissent des cultures venues tout droit d’Europe. Tour d’horizon avec une sélection allant des Marx Brothers à Lubitsch en passant par Capra et Cukor…rires garantis !

Une nuit à l’opéra de Sam Wood (1935)
Les Marx Brothers, fratrie infernale à la ville comme à l’écran, essayent de monter une arnaque dans le monde de l’opéra. Avec le Trouvere de Verdi en toile de fond, le film est un des plus équilibrés du trio qui joue ici pour la première fois sans Zeppo le séducteur. Des numéros musicaux - et pas seulement lyriques - ponctuent le film.

Ninotchka de Ernst Lubitsch (1940)
Paris, 1939, trois Russes viennent vendre des bijoux confisqués à des aristocrates dont une duchesse. L’apprenant, celle-ci mandate un émissaire pour contre-carrer leurs plans. C’est sans compter sur l’arme secrète soviétique : Ninotchka. Dans ce film anti communiste ne négligeant pas la caricature, Greta Garbo interprète une des rares comédies de sa carrière. Inutile de préciser que ce vaudeville dont le scénario est signé Billy Wilder et Charles Brackett, fut interdit à sa sortie en URSS. En 1957, Fred Astaire et Cyd Charisse en tournent le remake, La belle de Moscou.

The shop around the corner de Ernst Lubitsch (1945)
Adapté d’une pièce hongroise, le film part de la correspondance amoureuse entre James Stewart et Margaret Sullavan, que tout oppose et qui se détestent dans la vie, ignorant qu’ils se connaissent déjà tendrement dans des échanges de courrier. Difficile de ne pas faire le rapprochement avec les sites de rencontres d’aujourd’hui. Vous avez un message, remake du film, sortira en 1998 avec Tom Hanks et Meg Ryan.

Arsenic et vieilles dentelles de Frank Capra (1944)
Alors que Cary Grant vient présenter sa jeune épouse à ses deux vieilles tantes, il découvre qu’elles sont des meurtrières aussi redoutables que pittoresques derrière une apparence angélique. Cette comédie gothique associe l’horrifique à l’humour noir offrant un contraste parfait entre l’horreur et le rire. A l’origine, la pièce de théâtre dont le film est tiré est inspirée d’un fait divers : une veuve noire, tueuse en série avec pas moins de 35 personnes supprimées.

Indiscrétions de George Cukor (1940)
A Philadelphie, une jeune femme excentrique de la haute société épouse un self made man en secondes noces. Le premier mari, manipulateur, envoie un couple de reporters couvrir l’événement. Le tout avec un casting éblouissant : Katharine Hepburn, Cary Grant et James Stewart ! La pièce, énorme succès à Broadway également, fut écrite autour de la personnalité même de Katharine Hepburn qui la créa sur scène et qui en acheta les droits. Le film dégage un charme irrésistible.

Madame porte la culotte de George Cukor (1949)
Une avocate mariée à un procureur décide de défendre une femme accusée du meurtre de son mari volage et que le procureur veut inculper. Il s’agit donc d’une guerre conjugale et au prétoire dans laquelle l’avocate tentera d’adopter une position féministe dans la cause qu’elle défend et dans sa vie. Un film avec un triple niveau de lecture puisqu’il s’agit d’un couple à la maison, au prétoire mais aussi à la ville : rappelons que Spencer Tracy et Katharine Hepburn vécurent en dehors de l’écran une très longue et intense liaison.
Publié le 11 décembre 2017
SQ 250-300